Le Shiatsu : un soutien précieux pour soulager les effets secondaires de la chimiothérapie
Le Shiatsu ne guérit pas le cancer. C’est une discipline de mieux-être et de prévention pour une meilleure santé. On peut le considérer comme un soin de support qui contribue à améliorer la qualité de vie des personnes atteintes en réduisant significativement les effets secondaires de la chimiothérapie. Il ne se substitue en aucun cas à un suivi médical approprié.
Autrefois timidement introduit dans les hôpitaux, le Shiatsu est aujourd’hui de plus en plus présent en France. Plusieurs établissements comme le CHU de Poitiers, le CHU de Nantes, la Pitié-Salpêtrière à Paris, l’hôpital Cochin à Paris ou encore l’hôpital Sainte-Marguerite à Marseille intègrent cette pratique dans leurs services d’oncologie.
Une étude menée à l’hôpital de Saintes entre 2004 et 2005 par Dominique Chevalier, kinésithérapeute et praticien-enseignant en Shiatsu, a évalué son intérêt chez les patients cancéreux sous chimiothérapie. Bien que réalisée sur un petit échantillon de 16 patients, cette étude a mis en évidence une réduction moyenne des effets secondaires de 64,4 %, tous symptômes confondus.
Qu’est-ce que le Shiatsu ?
Le mot Shiatsu signifie « pression des doigts » en japonais. Cette technique de thérapie manuelle, issue de la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), consiste en des pressions sur des points ciblés sur l’ensemble du corps. Elle repose sur des principes similaires à ceux de l’acupuncture, tout en intégrant des connaissances anatomiques et physiologiques occidentales.
C’ est une discipline manuelle énergétique qui aborde l’individu dans sa globalité. Le Shiatsu s’inscrit dans l’aide à la personne. Il se reçoit habillé de vêtements souples.
Le Shiatsu stimule la vitalité, aide l’organisme à éliminer les toxines accumulées et favorise une meilleure circulation de l’énergie corporelle. Il procure également un assouplissement musculaire et une relaxation profonde.
L’action du Shiatsu sur les effets secondaires de la chimiothérapie
Les effets secondaires de la chimiothérapie varient selon les produits et les doses administrées. Parmi les plus fréquents, on retrouve : fatigue, nausées, vomissements, troubles digestifs, douleurs articulaires, fourmillements, mucites, aphtes, palpitations, chute de cheveux et de libido, troubles du sommeil, anxiété et maux de tête.
Le Shiatsu agit à plusieurs niveaux :
- Il soutient l’énergie vitale et renforce les reins et le foie, organes clés dans l’élimination des toxines.
- Il rétablit l’équilibre énergétique du corps.
- Il aide les patients à se réapproprier leur corps et à mieux accepter ses transformations.
Un Shiatsu reçu quelques jours avant et/ou après la chimiothérapie permet de réduire plus de la moitié des effets indésirables. La séance pré-chimiothérapie dynamise l’organisme et stimule le système immunitaire, tandis qu’une séance le jour même apaise l’anxiété et prépare le corps à mieux supporter le traitement. Après la chimiothérapie, le Shiatsu aide à récupérer, bien que certains patients préfèrent attendre en raison de la fatigue.
Résultats observés
L’étude de Dominique Chevalier, publiée dans la revue Kinésithérapie, a démontré que le Shiatsu diminue plusieurs symptômes liés à la chimiothérapie, notamment :
- Les nausées
- La fatigue
- Les troubles cutanés
- Les maux de tête
- Les troubles buccaux
- Les douleurs hépatiques
- La constipation
- La sensibilité aux odeurs de la chimiothérapie
Selon Jérôme Capian, kinésithérapeute et praticien-enseignant en Shiatsu spécialisé en oncologie à Tours (1), le Shiatsu pratiqué à différents moments du parcours thérapeutique, aide à restaurer l’énergie et à mieux récupérer. C’est une bonne nouvelle, quand on sait que la fatigue est un symptôme majeur qui touche 80 % des malades et qui persiste même après la fin des traitements, impactant fortement la qualité de vie. Le shiatsu agit également sur les nausées et troubles digestifs liés à la chimiothérapie, ainsi que sur les douleurs articulaires et les fourmillements causés par l’hormonothérapie. Il contribue aussi à apaiser les mucites, les palpitations et les troubles du sommeil, favorisant ainsi une meilleure récupération physique et mentale.
Conclusion
Les nombreuses initiatives menées dans les hôpitaux français témoignent d’une évolution des mentalités et d’une ouverture croissante aux soins de support comme le Shiatsu. Aux côtés de l’acupuncture, de l’hypnose et de la sophrologie, il trouve peu à peu sa place aux côtés des soins médicaux classiques. Ces approches, en complémentarité avec les traitements conventionnels, offrent aux patients un accompagnement plus global, réduisant la douleur et les effets secondaires de la maladie et des traitements.
(1) Compte rendu du colloque Shiatsu et Oncologie du 5 octobre 2012
https://shiatsuk.com/wp-content/uploads/2019/01/Colloque-shiatsu-oncologie-1.pdf
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