Sels d’aluminium et cancer du sein

Depuis plusieurs années, les sels d’aluminium utilisés dans l’industrie cosmétique sont au centre des préoccupations, tantôt accusés de favoriser le cancer du sein, tantôt considérés comme inoffensifs. 

En avril 2020, le Comité Scientifique pour la Sécurité des Consommateurs (CSSC), a conclu que les sels d’aluminium présents dans les produits antitranspirants n’avaient aucun rôle dans le développement du cancer du sein.

Cependant, en 2021 de nouvelles études (1) menées par des chercheurs suisses et britanniques ont conclus que les déodorants antitranspirants, qui utilisent les sels d’aluminium pour bloquer les conduits sudoripares et réduire la transpiration, ont un caractère cancérigène pour la glande mammaire humaine.

Les scientifiques ont examiné le « mode d’action » de ces sels dans le processus de transformation cellulaire. Selon leurs conclusions, les sels d’aluminium provoqueraient un dérèglement des chromosomes, entraînant des ruptures et des recombinaisons aléatoires, l’une des causes connues de l’apparition des cancers.

D’après les chercheurs, une faible dose suffirait à déclencher ce phénomène. Par conséquent, même les produits en contenant de petites quantités pourraient s’avérer dangereux. Face à ces résultats, les scientifiques appellent, au nom du principe de précaution, à interdire cette substance.

Pour minimiser les risques d’exposition, les chercheurs vont plus loin et conseillent d’éviter tout cosmétique mentionnant les ingrédients suivants :

  • aluminium chloride,
  • aluminium chlorohydrate,
  • aluminium sesquichlorohydrate,
  • aluminium chlorydrex,
  • ou aluminium zirconium.

D’autres composants potentiellement nocifs sont également à éviter dans les déodorants : le propylparabène, le cyclopentasiloxane, le méthylparabène et le phénoxyéthanol.

 

De son côté, l’ANSM recommande d’éviter d’appliquer un déodorant contenant des sels d’aluminium sur une peau lésée.

En juillet 2024, on pouvait lire sur le site de l’Institut National du Cancer : « En l’état actuel des connaissances, aucun lien entre les sels d’aluminium contenus dans les déodorants/antitranspirants et le risque de cancers du sein n’a été établi ». 

 

Face à de telles divergences, heureusement que nous avons le libre arbitre pour choisir nos produits et adopter, si nous le souhaitons, le principe de précaution en bannissant les sels d’aluminium, ne serait-ce que pour leurs potentiels effets neurotoxiques. 

Le choix devient plus complexe pour les femmes atteintes d’un cancer du sein. Pendant la radiothérapie, l’utilisation d’un déodorant est déconseillée. Durant la chimiothérapie, il est recommandé de privilégier un déodorant sans parfum, sans alcool et sans sels d’aluminium. En phase de rémission, le principe de précaution pourrait inciter à adopter un mode de vie moins exposé aux produits chimiques, donc de choisir un déodorant bio et naturel. 

Une alternative plus saine qui permettrait d’éviter les produits pétrochimiques controversés, comme les sels d’aluminium, les parabens, les solvants chimiques, l’alcool dénaturé, les parfums, ou les conservateurs irritants, etc. 

Et même si, à ce jour, aucun lien direct avec le cancer du sein n’ait été officiellement établi, il paraît judicieux, par principe de précaution, de limiter l’exposition à ces substances. D’autant plus que les aisselles sont proches des ganglions axillaires et de la poitrine, et que l’utilisation quotidienne de déodorant est récurrente.

(1)  https://www.fondationdesgrangettes.ch/sites/default/files/researchdocs/CP%202021%20FDG_30.09.21_FINALweb.pdf